Quand je donne une présentation en refuge, je passe toujours un peu de temps sur la parvo, cette terrible maladie que l’on retrouve aussi bien dans l’espèce canine que féline (chez le chat on parle souvent de « panleukopénie » ou de « typhus », mais sachez que cette maladie est en fait causée par un parvovirus – voir notre précédent post ici). La parvo fait en effet partie de ces maladies qui doivent en permanence rester sur le radar des refuges : de part sa contagiosité, elle peut rapidement se propager dans une population à risque comme celle retrouvée dans ces établissements ; le virus peut survivre longtemps dans l’environnement ; du coup, il y a toujours un risque important – et difficile à contrôler-  de transmission indirecte via le matériel utilisé ou le personnel ; lorsqu’une épidémie se déclare dans le refuge, de sévères conséquences sur les adoptions et le budget du refuge sont toujours attendues. C’est pour cela que j’essaie autant que possible de rester à jour sur la gestion de cette maladie en refuge, dans mon activité actuelle cela peut toujours servir. J’ai d’ailleurs récemment visionné un webinar très intéressant sur le sujet (voir lien ici). Je vous encourage à en faire de même si vous le pouvez. Si non (ou si vous voulez juste avoir un rapide résumé des éléments clés qui ont été discutés), mes notes sont juste en dessous !

 

Au sujet du virus

#1 : La parvo est causée par un virus nu. Certes il en existe différentes souches (CPV-2a, 2b, 2c) mais une bonne nouvelle ici : le virus est considéré comme « stable antigéniquement ». Cela signifie que malgré les différences entre les souches, celle-ci n’est pas si grande que ça. Pourquoi est-ce une bonne nouvelle ? Parceque du coup, quelle que soit la souche à laquelle on a à faire, on peut toujours faire confiance aux techniques diagnostiques / vaccination/traitement actuels.

#2 : CPV-2b était la souche la plus commune auparavant mais la présence de CPV-2c a fortement augmenté. Il semblerait que lors d’infections avec cette souche, la période d’incubation soit plus courte et qu’il en résulte une plus grande sévérité des signes cliniques. Gardez à l’esprit que ceci n’a pour l’instant pas été confirmé par des études cliniques, mais que c’est l’impression générale qui se dégage en refuge.

# 3 : Il est important en refuge de savoir reconnaître la maladie, c’est une mesure impérative dans le plan de protection sanitaire de la structure. La formation du staff et des examens cliniques quotidiens s’imposent donc de fait. Tout anomalie d’ordre digestif, mortalité subite chez des chiots, ou tout chien qui ne semble « pas aller bien » doivent donner l’alarme en entraîner une suspicion clinique. La parvo touche principalement les chiots mais tout individu non vacciné est à risque. 

# 4 : La période d’incubation va de 3 à 14 jours (4 à 6 en moyenne) mais le virus est excrété 2-3 jours avant l’apparition des signes cliniques. Certains chiens pourront encore excrété du virus 2 semaines après guérison clinique. Ces infos sont importantes en refuge : elles permettent de déterminer quels individus sont classés à risque lors du diagnostic d’un cas clinique. Si une quarantaine s’avère nécessaire, celle-ci devra alors être de 14 jours au moins. 

#5 : Dans le cas de la parvo, il n’existe pas d’individus porteurs. Si le chien est guéri, il sera certainement protégé à vie.

Les chiots, individus à risque +++

 

#6 : Les vaccins actuels protègent également contre CPV-2c : en refuge la vaccination ne doit en aucun cas être abandonnée, elle reste le meilleur outil à notre disposition en ce qui concerne la prophylaxie médicale en refuge.

#7 : Une des raisons pour lesquelles les chiots sont plus à risque : l’interférence des anticorps maternels avec le processus de vaccination. C’est pour cela qu’en refuge, il est souvent recommandé de vacciner les chiots toutes les 2 semaines jusqu’à 18-20 semaines. Il est cependant important de garder à l’esprit que l’on veut maintenir un équilibre entre protection et socialisation (dont la période clé se situe entre 3-13 semaines). La solution : les faire adopter le plus rapidement possible. Le plus tôt ils sortent du refuge, moins ils seront à risque de développer la maladie !

#8 : Le virus est résistant dans l’environnement et peut survivre jusqu’à 1 an dans des conditions optimales. Le pelage des animaux, les chaussures du personnel, leurs bras, mains, vêtements, les équipements utilisés dans le refuge (notamment pour nettoyer), les couloirs et les zones de jeux peuvent tous transmettre la maladie de façon indirecte. Il est recommandé du coup que chaque cage/logement est son propre matériel de nettoyage. Autre conseil intéressant pour limiter le risque de transmission indirecte : lorsqu’il faut manipuler un animal supposé à risque, porter des gants longs (qui arrivent jusqu’au coude).

 

L’importance des mesures d’hygiène

#9 : Quand on a à faire au parvo, le protocole de nettoyage-désinfection est un élément clé à maîtriser. Jetez un coup d’œil sur nos précédents posts pour mieux comprendre 1/ les protocoles de nettoyage/désinfection   et 2/ quels désinfectants utilisés pour combattre le parvovirus. Gardez à l’esprit que la chlorhexidine / les produits à base d’alcool / les ammoniums quaternaires ne sont PAS efficaces dans ce but.

#10 : Le pelage des animaux peut être fortement contaminé, aussi leur faire prendre un bain est toujours une bonne idée, en particulier chez les chiots de moins de 5 mois. Un produit topique parvocide (comme les Peroxides d’Hydrogène Accélérés) peuvent être utilisés. Ne pas oublier de porter des gants pour éviter le risque de transmission indirecte au cours du bain !

#11 : Très bonne nouvelle : on a aujourd’hui 75-90% de succès lorsqu’un traitement médical est entrepris. La plupart des chiots peuvent donc être sauvés s’ils contractent la parvo !

#12 : Une épidémie de parvo au sein d’un refuge est souvent le reflet d’une épidémie au sein de la communauté locale. Quand ceci survient, il est important de travailler au sein de la communauté également pour augmenter le nombre d’animaux vaccinés et le dépistage des individus éventuellement contaminés. C’est la meilleure façon de prévenir le risque dans le futur !

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Balises : hygiène, infectieuse, maladie, panleukopenie, parvo, parvovirus, refuge, typhus, vaccination

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