Médecine en refuge: 27 choses que votre personnel doit savoir sur la teigne (Part I)

Nombre de mes présentations en refuge l’an passé ont porté sur les maladies infectieuses. Pourquoi ? Tout simplement parce que, pour les structures de ce type, c’est la réalité de leur quotidien. Tous les jours en effet arrivent des animaux sans aucun historique médical, faisant de ces structures des environnements hautement prédisposés. La maxime suivante est pour moi essentielle : prévenir vaut mieux que guérir. Aussi est-ce pourquoi je pense que ce sujet est capital pour le staff et les volontaires, qui ne sont pas toujours familiers avec ces problèmes.

Lors d’une de ces présentations justement, quelque chose d’intéressant s’est produit. Alors que je m’apprêtais à débuter, quelqu’un dans l’assistance m’a demandé : « Are you going to touch on the R disease? ». R disease ?!?? Comme vous l’avez compris la présentation était dans une partie anglophone du pays et là, en bon Français pas familier avec la myriade d’acronymes et abbréviations utilisées en anglais, je n’ai pu m’empêcher de répondre en souriant : « Oui bien sûr, si vous me dites ce que c’est ! ». La personne m’a alors expliqué tout bas : « Ringworm (la teigne). On n’en parle pas trop fort ici parce que, touchons du bois, on y a jamais été confronté et on ne souhaiterait pas rentrer ça ici ! ».

Ok, là pour le coup j’avais compris ! Aussi bien ce qu’elle voulait me dire que pourquoi elle préférait le dire tout bas. En effet, la teigne est une de ces maladies qu’aucun refuge ne souhaite croiser un jour. Cette maladie est en fait due à un champignon (=dermatophyte) qui causera des problèmes de peau chez les animaux affectés.

Pourquoi la craint-ont tellement en refuge? Plusieurs choses en fait : c’est tout d’abord une zoonose, transmissible à l’homme ; traiter les animaux contaminés s’avère coûteux ; jusqu’à son éradication (vue comme difficile), il arrive parfois qu’il faille suspendre les adoptions. Il y a de très bonnes ressources en ligne sur le sujet (si vous avez le temps – et si vous maîtrisez bien l’anglais- je vous recommande de jeter un œil au webinar ci-dessous proposé par Maddie’s, très bonnes infos à prendre ici !). Pour sûr : le mieux on connait ses ennemis, le mieux on est préparé à les affronter !

En complément de tout ça j’ai mis par écrit une liste de points essentiels que les personnes travaillant en refuge devraient avoir en tête concernant cette maladie. Car, je me répète mais c’est tellement vrai : mieux vaut prévenir que guérir !

#1: Nous craignons la teigne, ok, mais celle-ci n’est pas si fréquente qu’on pourrait le pense. En effet, seuls 2% des animaux présentant des lésions cutanées sont en fait affectés.

#2: La teigne peut prendre de nombreuses formes sur un animal infecté. Voir des signes cliniques évocateurs du coup ne suffit pas à poser un diagnostic. Le plus fréquemment on observe : pertes de poils, croûtes, et parfois du grattage.

#3: Chiens, chats et n’importe quel autre mammifère dans le refuge (furets, souris, rats, hérissons,…) peut être touché par cette maladie. Celle-ci se voit cependant plus fréquemment dans l’espèce féline.

#4: Ces infections se développent plus facilement chez les chiots, les chatons, les animaux immunodéprimés (chats atteints par le FelV ou le FIV par exemple) ou chez les animaux âgés. Même chose chez l’être humain…

#5: Concernant sa transmission: les dermatophytes se transmettent par contact directs entre animaux ou avec les personnes… mais ce n’est pas la seule voie à considérer ! Les formes infectieuses (=spores) peuvent perdurer dans l’environnement également: un contact avec du matériel contaminé (brosses, colliers) ou via portage passif doit également être considéré.  

#6: La matériel contaminé peut rester infectieux pendant plus de 18 mois dans l’environnement.

#7: Malheureusement, pas besoin d’un grand nombre de spores pour voir l’infection se developer : une 100aine suffit et, dans les 2 heures qui suivent le contact initial, celles-ci commencent à adhérer à la peau.

#8: Les lésions cutanées deviennent généralement visibles 1 à 3 semaines post-infection.

#9: Une lésion cutanée (coupure, griffure,...) facilitera le développement de l’infection.

#10: Toujours s’assurer qu’un animal suspect de teigne ne soit pas également infecté par les puces. Pourquoi ? Celles-ci agissent fréquemment comme co-facteur. En irritant la peau, ils favorisent ainsi le développement de la maladie.

#11: Une autre raison pour prendre la prévention des puces à coeur: elles peuvent transporter les spores d’un animal à l’autre et ainsi propager l’infection. Mouches et autre arthropodes pourraient agir de même. 

Allez, ça suffit pour aujourd’hui! Notre liste s’arrête peut être ici mais rappelez-vous le titre, il me reste encore 16 points à aborder avec vous ! Restez à l’écoute de notre blog du coup, la suite arrive vite !  

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Balises : chat, chien, infectieuse, maladie, refuge, teigne

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