Maladies respiratoires félines : 24 choses à savoir sur l’herpesvirus félin (ou FHV-1)

Chaque fois que je visite l’un de refuge partenaire, nous discutons des challenges auxquels ils doivent faire face de façon quotidienne. Bien évidemment, nous passons là une bonne partie du temps à parler maladies infectieuses. Et bien évidemment, nous ne pouvons échapper aux maladies respiratoires félines.  Si vous vous souvenez de notre précédent post sur le sujet, il s’agit en fait là d’un syndrome, une association de signes cliniques qui peuvent être causés par différents agents pathogènes agissant seuls ou en groupe. Aujourd’hui, attardons-nous sur un des coupables : l’herpesvirus félin, aussi connu sous le nom de FHV-1.

Fait #1: Le FHV-1 est un alpha-herpesvirus qui touche les chats. Il n’existe qu’un seul sérotype (= une souche qui peut être différenciée par analyse sérologique) de par le monde. Différent isolats existent certes, mais leur composition varie très peu et ils entraînent tous les mêmes signes cliniques.

Fait #2: Le FHV-1 est spécifique à l’espèce feline. Il n’a aucun pouvoir zoonotique et ne peut par conséquence contaminer les êtres humains.

Fait #3: Chez les chats présentant des signes cliniques, la prévalence du FHV-1 varie entre 11 et 39%. C’est une des causes les plus fréquentes de maladie respiratoire chez le chat.

Fait #4: 0.4 à 1.75% des chats ne présentant pas de signes cliniques excrètent le virus. Cela signifie que malheureusement même si l’animal ne présente AUCUN signe, il peut quand même être excréteur et contaminer ses congénères.

Fait #5: Le virus se retrouve principalement dans les sécrétions oculaires, nasales et orales. La contamination se fait principalement par contact entre animaux infectés.

Fait #6: Le FHV-1 est relativement fragile en dehors de l’hôte et est facilement détruit par la plupart des désinfectants.

Fait #7: Dans certaines situations – et ce en particulier en chatterie-, le virus peut se transmettre de façon indirecte, c’est-à –dire via l’environnement. En effet, celui-ci peut survivre 18h à 15ºC dans un environnement humide et jusqu’à 12h dans un environnement sec.  

Fait #8: La contamination par voie aérienne (“aérosol infectieux” produit au cours de la respiration des animaux) ne semble pas être prépondérante dans l’espèce féline.

Fait #9: Cependant, lors d’éternuements, les chats peuvent propulser des macro-gouttelettes infectieuses jusqu’à 1 à 2m. Cette voie de transmission est probablement importante dans les refuges où les animaux sont hébergés en groupes.  

Fait #10: Dans les refuges où les cages se font face, une distance de plus de 2m est requise entre celles-ci pour éviter la contamination via ces gouttelettes produites lors d’éternuements.

Fait #11: Les sécrétions contaminantes peuvent se retrouver sur les cages, les bols, les ustensiles de nettoyage voire même sur le personnel. Les mesures d’hygiènes sont pour le coup extrêmement importantes.

Fait #12: 80-100% des chats qui guérissent deviennent porteurs chroniques. Quand un chat est infecté une fois du coup, il reste infecté à vie.  

Fait #13: Le virus se réactive généralement après un stress (comme généré par exemple à l’arrivée dans le refuge). Une fois réactivé, en fonction de facteurs comme les mesures d’hygiène, l’infection peut se propager très rapidement dans des milieux prédisposés comme les refuges.

Fait #14: Le stress de la mise-bas et de la lactation peut aussi conduire à une réactivation du virus.

Fait #15: Le virus n’est cependant pas immédiatement excrété que l’animal ait subi un stress ;  il y a généralement un délai d’une semaine, suivi d’une période d’excrétion virale de 1 à 2 semaines.

Fait #16: L’excrétion du FHV-1 peut être détectée dès 24 heures après que l’animal ait été infecté et là encore, celle-ci va persister 1-3 semaines.

Fait #17: Le virus se réplique généralement dans les zones du corps où la température est inférieure à la température corporelle, comme les voies respiratoires. C’est pour cela que le FHV-1 cause des affections respiratoires sévères.

Fait #18: Des infections generalises peuvent cependant être retrouvées chez des animaux débilités ou des chatons nouveau-nés de moins de 3 semaines car ceux-ci ne peuvent encore réguler par eux-même leur température interne.

Fait #19: Les premiers signes cliniques incluent une baisse de forme, des éternuements marqués, une baisse d’appétit d’appétit et de la fièvre, rapidement suivi de sécrétions oculaires et nasales. Ces premiers signes peuvent également être accompagnés d’hypersalivation. Une conjonctivite et des ulcères oculaires dits « herpétiques » vont généralement se développer. Des ulcères buccaux peuvent survenir parfois également.    

Fait #20: Lors d’infection par le FHV-1, une très faible mortalité est généralement associée… sauf dans le cas de chatons nouveau-nés ou d’individus immune-déprimés, où se développe une maladie generalisée.  

Fait #21: Les avortements peuvent parfois être observés chez les femelles gestantes, mais ceux-ci sont le plus souvent une conséquence de la sévérité des signes cliniques de la maladie et non au virus en lui-même.

Fait #22: Dans la plupart des cas, un traitement anti-bactérien ne sera pas requis. Des soins palliatifs restent cependant une nécessité.

Fait #23: Beaucoup de chats mangent alors moins car leur odorat est altéré ou à cause des ulcères qui se développent dans leur cavité buccale. Un aliment très appétant est pour coup recommandé. Les sécrétions nasales doivent elles-aussi être essuyées à l’aide d’une solution saline.

Fait #24: Les atteintes oculaires doivent faire l’objet d’une surveillance quotidienne. La plupart des cas répondront bien à un traitement topique adapté. Cependant, si les tubes contenant le traitement sont utilisés pour plusieurs animaux, il est important de faire attention de ne pas contaminer l’extrémité de la pipette : celui-ci deviendrait alors malheureusement un parfait vecteur pour le FHV-1.  

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Balises : chat, herpes, maladie, refuge, respiratoire

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